Prairies permanentes et prairies temporaires

Dans la plupart des cas, les prairies seront fertilisées uniquement avec des matières organiques produites sur l’exploitation, fumier, compost, purin.

Les apports organiques solides : fumier, compost

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Cycle du compost

Cycle du compost

La qualité et la productivité d’une prairie dépendant pour une large part du bon usage du fumier, et du purin. Il importe de savoir sous quelle forme, à quelle dose, et à quel moment ils doivent être apportés.

Un mauvais emploi du fumier et du purin peut, à lui seul, conduire à une véritable mort du sol, à une dégradation complète de la flore et donc à un fourrage de très mauvaise qualité et à de faibles rendements.

Faut-il apporter du fumier frais ou du compost ?

Compostage en surface et compostage en tas ont l’un et l’autre leurs partisans. Le choix entre ces deux techniques, qui sont en fait complémentaires, se fera en fonction :

  • du climat
  • de la date d’apport
  • de l’état du fumier

L’apport de fumier frais directement dans les prairies pourra se faire dans les cas suivants :

  • lorsqu’il s’agit réellement de fumier frais, sortant de l’étable ou n’ayant séjourné en tas que pendant n temps très bref ; du fumier ayant séjourné en gros tas pendant plusieurs mois et ayant subi une fermentation anaérobie ne peut plus être considéré comme du fumier frais et ne peut être employé en compostage de surface ; en fait, ce type de fumier ne devrait pas exister dans un exploitation biologique
  • lorsque l’apport peut être effectué assez tôt avant la pousse de l’herbe pour pouvoir être transformé par les micro-organismes du sol ; la date limite d’apport dépend du climat et de l’usage auquel est destinée l’herbe

Dans les climats tempérés, on pourra apporter du fumier frais jusqu’au milieu de l’hiver pour les parcelles pâturées et jusqu’au début du printemps pour les parcelles fauchées.

Dans les climats froids (notamment en montagne), le fumier frais sera apporté en automne sur les parcelles destinées au pâturage et jusqu’au milieu de l’hiver sur les parcelles de fauche.

On pourra également faire un léger apport de fumier frais après les foins, sur les parcelles fauchées. Le compost est la forme idéale pour les apports de printemps et le début d’été.

Le fumier sorti en cours d’hiver est mis au fur et à mesure en tas allongés. Après un temps de fermentation pouvant varier de quelques semaines à plusieurs mois, selon la saison et les possibilités d’épandage, le compost est épandu.

L’épandage pourra se faire à une date d’autant plus rapprochée de celle du début du pâturage qu’il sera plus décomposé. Un compost bien décomposé peut être épandu quelques semaines avant la mise à l’herbe ou immédiatement après un passage des animaux.

On réservera le compost, et particulièrement le compost bien décomposé, aux parcelles pâturées.

On aura l’intérêt, aussi bien pour le fumier que pour le compost, à faire des apports modérés mais fréquents, si possible un apport chaque année au moins sur les parcelles de fauche.

On évitera les apports de fumier trop importants, surtout s’ils sont un peu tardifs ou si les sols ont une activité biologique insuffisante.

Les apports organiques liquides : purin, lisier

Lisier

Lisier

Le purin a une grande valeur fertilisante, et il serait absurde de le laisser prendre. Mais s’il est mal employé, ce qui est très fréquemment le cas dans les régions d’élevage, il a une action très néfaste sur la flore des prairies et sur la vie microbienne du sol.

On n’apportera jamais de purin brut, surtout en période de végétation. On pourra, à la rigueur, apporter un purin brut ou partiellement fermenté en hiver, la meilleure solution état e l’apporter sur la neige.

Pour les apports de printemps ou d’été, on apportera exclusivement du purin ayant subi une décomposition aérobie. Les apport de printemps pourront être d’autant plus tardifs que le purin sera mieux décomposé (il ne doit plus avoir de mauvaise odeur). Les apports les plus tardifs seront réservés aux prairies de fauche.

On pourra également puriner immédiatement après une coupe ou un passage d’animaux, toujours avec du purin fermenté.

On effectuera de préférence des apports modérés, avec des appareils travaillant sous pression (tonne à lisier ou épandage sous pression par canalisations amovibles).

Dans les régions accidentées, lorsque les prairies sont bien groupées, l’épandage par canalisations amovibles constitue le meilleur système : il permet de puriner même lorsqu’il y a une bonne couche de neige et de supprimer les passages de tracteur.

D’une manière générale, on s’efforcera :

  • d’apporter le purin sur l’ensemble des prairies, et non seulement sur celles qui sont le plus proche de la maison
  • d’alterner les apports de purin et de fumier

Le lisier constitue, en agriculture biologique, un pis-aller : il n’a pas la même valeur fertilisante que le fumier et présente les mêmes inconvénients que le purin. Cependant, si on en dispose, il faut l’utiliser ; son emploi obéit aux mêmes règles que le purin.

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