Autre technique de base en production : les assolements

La fertilisation, le travail du sol et les assolements constituent les trois piliers de l’agriculture biologique.

Les assolements

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Actuellement, les agriculteurs se préoccupent  de moins en moins des assolements ; ils cultivent ce qui rapporte, oublient que le sol est un capitale que se dégrade progressivement si on ne l’entretient pas.

Un agriculteur

Un agriculteur

C’est ainsi que, dans le Bassin parisien, on voit fréquemment des exploitations qui ne cultivent plus que des céréales, par exemple blé, orge et maïs en alternance ou même une seule céréale en monoculture intégrale ; dans certaines fermes on cultive maïs sur maïs depuis cinq, parfois dix ans.

Jusqu’à présent, dans le Bassin parisien, les rendements se sont à peu près maintenus, car les sols y sont très riches et ont été bien entretenus pendant des siècles ; par ailleurs la monoculture y est d’introduction récente.

Or les phénomènes d’usure du sol sont très lents ; ils peuvent ne se manifester qu’au bout de dix, vingt ou même trente ans. Mais une fois le sol usé, sa reconstitution est tout aussi lent.

Malheureusement bien des agriculteurs ne voient pas aussi loin et ne recherchent que le profit immédiat, avec peut-être l’arrière-pensée que, lorsque les rendements en céréales commenceront à baisser, ils pourront toujours pratiquer d’autres cultures, ou encore changer de métier.

Dans le Sud-Ouest, on a déjà noté des baisses importantes de rendements consécutives à la monoculture du maïs.

La pratique d’assolements équilibrés, faisant une part suffisante aux cultures sarclées et aux légumineuses, est indispensable aussi bien pour le maintien de la fertilité des sols que pour lutter, sans avoir recours à des produits chimiques, contre les mauvaises herbes et les parasites.

L’école biologique anglaise préconise de baser l’assolement sur la prairie temporaire suivie de trois ou quatre années de cultures annuelles. Cet assolement donne d’excellents résultats, mais n’est possible que dans les exploitations ayant suffisamment de bétail.

Les rotations seront établies en tenant compte des principes suivantes :

  • il est indispensable d’y introduire des légumineuses annuelles ou pluri-annuelles
  • chaque fois qu’on le pourra, on utilisera comme tête d’assolement une prairie temporaire à flore variée ; le prairie joue, en effet, un rôle irremplaçable dans la régénération des sols
  • les céréales ne doivent pas être cultivées plus de 2 années de suite sur le même sol
  • des cultures d’engrais verts doivent être pratiquées systématiquement

Quelques exemples de rotations

Rotation de culture

Rotation de culture

Voici trois exemples de rotations pratiquées dans les exploitations biologiques :

  • 1 exemple :
    • 1ère année : prairie temporaire
    • 2ème année : prairie temporaire
    • 3ème année : prairie temporaire
    • 4ème année : blé (+ engrais vert)
    • 5ème année : orge ou mélange fourrager
    • 6ème année : plante sarclée
    • 7ème année : blé, orge ou mélange fourrage
    • 8ème année : prairie temporaire
  • 2ème exemple
    • 1ère année : luzerne
    • 2ème année : luzerne
    • 3ème année : blé (+engrais vert)
    • 4ème année : orge
    • 5ème année : trèfle
    • 6ème année : blé (+ engrais vert)
    • 7ème année : orge ou avoine
  • 3ème exemple (rotation pratiquée à l’École d’Agriculture d’Ebenrain, en Suisse) :
    • 1ère année : trèfle
    • 2ème année : trèfle
    • 3ème année : pommes de terre
    • 4ème année : blé (+ engrais vert)
    • 5ème année : betteraves
    • 6ème année : blé (+engrais vert)
    • 7ème année : maïs (+ engrais vert)
    • 8ème année : féverolles (+ engrais vert)
    • 9ème année : blé (+ engrais vert)
    • 10ème année : orge (avec semis de trèfle)

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