Rodale appelle à la Révolution Biologique Verte

La combinaison des prix élevés de l’énergie et de la nourriture, accompagnée d’une économie mondiale en déclin a engendré un cumul de plus de 77 millions de personnes souffrant de malnutrition en 2008, selon la FAO (Food and Agriculture Organization – Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture). C’est pourquoi l’institut Rodale fait un nouvel appel pour développer la recherche en agriculture biologique, laquelle pourrait bien être une solution à ce problème mondial…

La Révolution Organique Verte

Dans un rapport publié le mois dernier intitulé « The Organic Green Revolution », l’institut Rodale (USA), sur la base de leurs recherches ainsi que de celles d’autres organisations, préconise le développement soutenu des techniques de production organique (bio) pour accroître les rendements des cultures tout en protégeant l’environnement.

La lettre de l’institut Rodale cite un rapport d’octobre dernier rédigé par le Programme environnemental des Nations Unies. Ce rapport indique que l’agriculture biologique est une solution, parmi d’autres, au problèmes d’alimentation dans les pays les plus pauvres.

Le rapport du Programme environnemental des Nations Unies inclut les résultats de 114 projets agricoles dans 24 pays africains concluant que les techniques de culture biologique, ou s’y rapprochant, dépassent largement l’agriculture conventionnelle par des rendements parfois supérieurs de 100%.

Il comprenait aussi des extraits d’un rapport publié en avril 2008 par l’International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development (l’Evaluation internationale des connaissance en Agriculture, de la Science et des Technologies pour le Développement), qui recommande vivement des changements radicaux comme par exemple recourir plus souvent à des rotations de cultures ou encore à des engrais organiques (biologiques).

Les propres essais de l’institut Rodale ont démontré que le maïs et le soja cultivés de manière bio sont plus résistants à la sécheresse et produisent des rendements supérieurs de 30 à 50% aux cultures conventionnelles.

Ainsi, un usage approprié de techniques biologiques pourra, selon ces rapports, augmenter les rendements des récoltes tout en améliorant les résistances aux sécheresses et aux inondations. De plus, cela permettra aux fermiers les plus modestes de ne plus être dépendants aux engrais chimiques.

Paradoxalement, malgré ces arguments, l’institut Rodale dénonce que moins d’1% des fonds pour la recherche en agriculture sont destinés au développement des méthodes de production organique.

Tim LaSalle, Directeur Général de l'institut Rodale

Tim LaSalle, Directeur Général de l'institut Rodale

Tim LaSalle, Président et Directeur Général de l’institut Rodale, affirme que le défi actuel est de faire prendre conscience au public et aux gouvernements tous les bénéfices de l’agriculture biologique :

Il y a un mythe comme quoi l’agriculture biologique ne peut pas produire autant que les techniques conventionnelles, cela est tout simplement faux.

Je pense que nous devons tous demander à nos dirigeants de revoir les priorités dans leurs fonds destinés à la recherche pour l’agriculture. La Bio permet de plus aux producteurs de s’affranchir de leur dépendance aux produits chimiques.

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