FSC, LE label bois écologiquement correct
Si on pouvait dire d’un bois qu’il est bio, il serait certainement FSC ! La certification forestière FSC (Forest Stewardship Council) est aujourd’hui le seul processus attestant d’une gestion durable de la forêt. Et pour chacun d’entre nous… c’est un label nous invitant à agir en consommateur éco-responsable!

Le printemps arrive (mais si, on vous l’assure…) et peut-être allez-vous vous offrir un salon de jardin, construire une terrasse, installer le plancher dont vous rêvez depuis toujours pour votre salle de bains ? Vous avez choisi le bois et c’est une bonne décision ! Renouvelable, durable et recyclable, le bois est un matériau écologique mais son exploitation et sa transformation sont, aujourd’hui plus que jamais, sous surveillance. L’enjeu ? La préservation de la biodiversité, et la lutte contre le réchauffement climatique… Rien que ça!
Pourquoi un label ?
Près de 13 millions d’hectares de forêt tropicale disparaissent chaque année (source GIEC [1]), soit l’équivalent de la superficie de la forêt française. Cette disparition engendre des bouleversements écologiques, climatiques, sociaux et économiques dont l’impact est mondial.
La certification FSC est un des outils mis en place pour lutter contre la surexploitation, souvent illégale du bois. Certes, il ne peut à lui seul résoudre les nombreux problèmes de la déforestation mais il est à la portée du consommateur.
- La déforestation est responsable à 20 % des émissions de gaz à effet de serre : l’écosystème forestier absorbe une grande partie du carbone produit par nos activités, qu’il libère dans l’atmosphère en cas d’exploitation du bois. Ce phénomène s’intensifie avec la déforestation.
- La déforestation met en danger la biodiversité en détruisant la richesse végétale et en réduisant l’espace vital de la faune sauvage au risque de sa disparition.
- La déforestation contribue à l’appauvrissement des populations locales. Or la survie de près de 350 millions de personnes dépend de la forêt et de ses ressources.
Après un mouvement européen de boycott du bois exotique dans les années 80, dix ans plus tard, le constat est amer. La déforestation s’accélère et l’agriculture supplante la forêt. Elle devient une source non négligeable de revenus pour les populations locales.
Que faire ?
Fini le boycott… Place à la lutte contre l’exploitation abusive et bien souvent illégale.
Après l’émergence confuse de plusieurs systèmes de certification, l’Alliance des travailleurs du bois pour la protection des forêts tropicales humides propose, en 1992, la création d’un Conseil de bonne gestion forestière. Le Forest stewardship council (FSC) naît en 1993. Cet organisme international et indépendant est chargé d’accréditer les organisations de certification.
Le but du FSC est de promouvoir une gestion des forêts du globe qui soit environnementalement responsable, socialement bénéfique et économiquement viable.
Désormais, la traçabilité du bois est garantie depuis sa forêt d’origine jusqu’au magasin.
Parmi les critères, on retiendra…
- La garantie de droits et de conditions de travail décentes aux populations locales (respect des principes fondamentaux de l’Organisation internationale du travail).
- La coupe sélective : 1 arbre par essence et par hectare.
- Le maintien de la diversité biologique : zones de protection pour les espèces rares et menacées.
- La protection des zones à haute valeur de conservation.
- Le contrôle de l’érosion et des dommages éventuels liés à la construction des routes.
- La conversion en plantations, réglementée et fortement limitée.
- La restauration des aires dégradées par l’exploitation.
- L’absence de plantations d’arbres génétiquement modifiés.
Toutes les mesures de protection font l’objet d’un plan de gestion et d’une évaluation des impacts environnementaux et sociaux.
Si la dégradation des forêts tropicales et leur exploitation, en majorité encore illégale, nous invitent à mettre l’accent sur le bois exotique, gardons à l’esprit que le label FSC concerne tous les bois quels que soient leur origine géographique, leur essence et leur usage. La Russie, par exemple, serait touchée par l’exploitation illégale à hauteur de 20%. Sont donc concernées les forêts tropicales, boréales et tempérées.
Ainsi, il n’est plus rare aujourd’hui de trouver dans le commerce des bois certifiés FSC en provenance de Pologne (pin), de France (parquet en chêne)…
De plus, en achetant du bois FSC issu de forêts plus proches géographiquement, le consommateur contribue à réduire ses émissions de CO2 dues au transport du bois, et réduit ainsi son empreinte écologique.
Enfin, le FSC concerne également la pâte à papier et donc le papier et ses dérivés que le consommateur peut trouver dans le commerce.
Comment reconnaître un bois certifié FSC ?

Le logo FSC est facilement identifiable avec son arbre stylisé. Il doit être accompagné du numéro de certification qui en garantit l’authenticité. Les premières lettres représentent le certificateur, les trois lettres du milieu le type de certificat, (le plus souvent C0C pour Chain of Custody), et les derniers chiffres du code.
D’autres informations comme les sources du bois figurent sur le label (étiquette verte le plus souvent) uniquement utilisé par les entreprises certifiées : 100% FSC, sources mixtes (la part non FSC a été contrôlée), recycled (bois recyclé).
Enfin, l’essence du bois (teck…), son nom scientifique (tectona grandis…) ainsi que sa provenance doivent compléter cette véritable fiche d’identité. C’est de plus en plus le cas pour les parquets, le mobilier de jardin… mais des efforts restent à faire, ce pour quoi les ONG comme Greenpeace et le WWF continuent de faire pression.
Qu’en est-il des autres labels ?
Le PEFC (Pan-European Forest Certification) est un label européen. Il ne remporte pas l’adhésion des principales ONG qui lui reprochent notamment son manque d’indépendance et d’équité dans son processus de certification, les groupes d’intérets économiques étant dominants. (Lire le rapport FERN sur le site de Greenpeace France)
Quant au TFT (Tropical Forest Trust), présent dans les principales enseignes de bricolage, il porte sur les bois tropicaux. Les compagnies membres du TFT s’engagent à se fournir en bois à partir de forêts gérées de façon durable, de projets forestiers du TFT (avec contrôle de traçabilité) ou de forêts FSC. Cette organisation vise à lutter contre l’exploitation illégale. Le label TFT atteste d’une démarche de l’exploitant en vue d’une certification.
Le label FSC est donc aujourd’hui le seul garant d’une gestion forestière durable pour l’homme et l’environnement.
[1] GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
Pour aller plus loin
Site officiel de la FSC en Anglais
Site officiel de la FSC en Français
Article sur le label FSC - Greenpeace
Je dis non au bois illégal - WWF


journaliste spécialisé en environnement, j’ai trouvé cet article très clair, précis et bien documenté.
Bravo !